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Comment détruire les enfants

La méthode belge







 

Fumer pendant la grossesse

Une femme enceinte qui fume est un spectacle courant en Belgique. La nicotine empêche le développement normal du fœtus et en particulier de son cerveau. L'enfant aura des problèmes de santé et des problèmes scolaires. J'ai été particulièrement ému par l'esthétique des raisonnements de deux futures mères pour m'expliquer qu'elles ne comptaient pas fumer pendant leurs grossesses mais que fumer des joints de cannabis, ça elles pouvaient se le permettre.

Boire pendant la grossesse

Boire est une valeur sûre. Le développement du cerveau du fœtus est un processus très complexe. Il implique la migration de cellules. Par exemple, un type de cellules qui apparaissent à l'arrière du crâne, va devenir une partie du cerveau à l'avant du crâne. Donc ces cellules doivent se déplacer pour prendre leur place à l'avant du cerveau. Elles sont guidées dans leur déplacement par des marqueurs chimiques, un peu comme les fourmis. L'alcool perturbe ce processus et les cellules ivres vont se déplacer dans n'importe quelle direction.

Exposer aux toxiques

Métaux toxiques, PCB, dioxines, additifs alimentaires, toxines de digestion... La nutrition de la mère expose le fœtus à une quantité plus ou moins dommageable de poisons. Les PCB et dioxines sont redoutables : ces molécules n'ont pas du tout la même forme que des hormones mais elles agissent sur les cellules du corps du fœtus comme des hormones. Ce serait la raison du plus en plus grand nombre d'enfants atteints de malformation des organes sexuels, de stérilité... Une quantité infime de PCB et dioxines suffit, parce que ces molécules ne sont pas dégradées par le corps humain. Leur action continue très longtemps.

Refuser de donner le sein

Le radicalisme est une valeur sûre. Certaines mères refusent de donner autre chose que le sein, quitte à causer des problèmes de dénutrition à leur enfant. On a beau leur expliquer que dans les tribus sauvages les mères donnent le sein à plusieurs enfants à la foi pour équilibrer la distribution de lait... D'autres mères refusent catégoriquement de donner le sein et ne nourrissent leur enfant qu'au biberon. L'industrie pharmaceutique a réussi à rendre le lait artificiel le plus proche possible du lait maternel mais il ne contient pas les anticorps du lait maternel. Ces enfants vont donc développer des problèmes immunitaires plus ou moins graves, en général des allergies et de l'asthme.

Gaver de sucre

À partir d'une certaine quantité journalière, le sucre, le sucre inverti, le sirop de glucose-fructose, les boissons sucrées et les jus de fruits ont un effet toxique sur le foie, qui sera contraint de transformer l'excès de fructose en mauvais cholestérol. Ce mauvais cholestérol va lentement boucher les artères, détraquer le fonctionnement du pancréas et du cerveau, affaiblir les muscles et enrober les organes internes d'une graisse blanche qui les empêche de fonctionner. Il est important d'habituer l'enfant le plus tôt possible à absorber tous les jours des quantités massives de sucre. Un autre avantage du sucre est que l'organisme ne manifeste pas de répulsion en cas de consommation excessive et prolongée. Cela permet de nourrir l'enfant avec de la nourriture très bon-marché, en ne payant virtuellement que les frais de marketing du fabricant.

Ne pas toucher l'enfant

Cette méthode a été abandonnée. Jadis, dans les orphelinats, les bébés étaient parqués dans des berceaux de fortunes. On ne s'occupait d'eux que pour les changer et les nourrir. La mortalité était très élevée. Jusqu'à ce qu'on comprenne que les bébés, étant des animaux mammifères, ont besoin d'être câlinés régulièrement.

L'huile d'arachide

Les arachides contiennent une substance allergisante. En utilisant de l'huile d'arachide sur la peau des bébés, on obtient que leur système immunitaire développe plus tard une allergie foudroyante aux arachides. Une jeune fille est morte pour avoir embrassé son amoureux qui venait de manger des cacahuètes.

Sur-nourrir le nourrisson

Donner autant de biberons et de panades au bébé qu'il peut en avaler le fait gonfler comme une baudruche. Sa prise de poids rapide vous attire les félicitations de votre entourage et le bébé est plus calme. Cela dérègle définitivement sont système endocrinien et le condamne à l'obésité.

Plombages dentaires

Les plombages traditionnels sont constitués d'un mélange d'argent et de mercure. Le plombage libère du mercure en continu. La majorité des personnes, si elles n'ont que quelques plombages, éliminent ce mercure. Si le mercure s'accumule, il bloque un peu toutes les fonctions de l'organisme, y compris le cerveau. Il favorise la rétention des autres métaux toxiques et il est très difficile à éliminer. Que penser de parents qui font plomber toutes les dents de leur enfant "à titre préventif" ? Un must... Mais il lui interdisent de porter un peircing...

Engorger le foie

La peau grisâtre, répandant une légère odeur fétide, les adolescents ont le foie embourbé de toxines et de métaux toxiques. Cela limite les performances de leurs cerveau et les rend prompts à la maladie. (Un test pour savoir si vous avez le foie engorgé consiste à acheter des ampoules de jus de radis noir en pharmacie. Vous en buvez quelques unes et vous buvez de l'eau. Si quelques heures après vous faites quelque chose qui a la couleur et l'odeur d'une marée noire, vous avez compris...)

Transformer le tube digestif en égout

Les enfants naissent avec des instincts alimentaires. Par exemple, les enfants refusent tout ce qui est amer. On suppose que cela dû au fait que dans la nature, la plupart des poisons sont amers. Si un enfant porte une plante à sa bouche et qu'elle a un goût amer, il vaut mieux qu'il soit génétiquement programmé pour la recracher. Quand il s'agit de légumes amers cuisinés par ses parents, ce rejet est bien sûr inutile. Mais l'enfant est ainsi fait et il est déplacé de le brimer pour cela. Il faut attendre que son rejet de l'amertume s'estompe naturellement, avec l'âge. D'autres instincts alimentaires sont plus délicats à comprendre. Ils diffèrent d'un enfant à l'autre, parce que leurs physiologies sont différentes. Il faut donc entretenir un dialogue avec l'enfant, pour le mener à essayer de nouveaux aliments, l'adapter aux habitudes de ses convives de table, tout en respectant sa physiologie. Pour transformer l'enfant en un tube digestif qui absorbe tout ce qu'on lui donne sans broncher et produit des toxines délétères par fermentation, il faut par exemple ajouter beaucoup de sucre à ce qu'il mange ou à ce qu'il boit. Si l'enfant a une intolérance à un aliment, il faut le forcer à en manger tous les jours, pour entretenir une inflammation de ses intestins. À terme les intestins deviennent poreux, alors des protéines partiellement digérées peuvent passer directement dans le sang et avoir un effet opioïde sur le cerveau.

Transformer le cerveau en égout

Les procédés sont expliqués plus loin dans ce texte.

Télévision

Des études ont montré que les personnes qui regardent beaucoup la télévision perdent leur mémoire et leurs capacités de concentration. Ces facultés reviennent avec l'arrêt de la consommation de télévision. Chez les jeunes enfants, les dégâts neurologiques sont irréversibles. La télévision est également très efficace pour empêcher la communication familiale lors des repas.

Tubes néon

Certains modèles de supports de tubes fluorescents émettent des parasites radio qui fatiguent le cerveau et diminuent sa capacité de concentration. Il se pourrait même que cela cause des dégâts irréversibles sur le cerveau en croissance des enfants. On tapisse les plafonds des salles de classe de ces lampes.

Harcèlement

Il s'agit de variantes du harcèlement pratiqué dans les entreprises ; une sorte de sur-éducation, où on crie sur l'enfant tout le temps comme quand il fait une gaffe. Cela empêche l'enfant de se construire, comme dans les sectes on empêche les adeptes de dormir. L'enfant finit par s'éteindre. Avec un enfant plus âgé, on peut par exemple lui répéter cinq fois par jour que l'école c'est important. En principe, dire cela à un enfant est irréprochable. Le but premier de ce type de harcèlement est de paraître irréprochable. Cela fonctionne sur la quantité et sur la durée. L'enfant en devient fou et puis lentement passe à l'avachissement nerveux, au renoncement. Un pharmacien m'a raconté la joie des parents qui réussissent à faire prescrire un neuroleptique à leur enfant.

Pas de câlins

Un enfant est une sorte de psychopathe narcissique complètement acculturé. Il doit donc être gardé sous surveillance dans une sorte de prison. La grande différence entre un vrai psychopathe et un enfant, est qu'un enfant se dé-psychopathise à toute vitesse. Il ne faut lui dire les choses qu'une fois ou deux. Souvent, il observe et découvre les bonnes manières par lui-même. Le travail d'éducateurs-gardiens de prison des parents s'accompagne à priori de beaucoup de frustrations pour les deux parties. Il n'en est rien, grâce aux câlins. Les câlins consistent à s'asseoir à côté de l'enfant pour lui lire un livre, à le prendre dans ses bras, lui poser des questions et lui expliquer des choses longuement en lui tenant la main... Les câlins ont ceci de terrifiant qu'ils obligent les parents à comprendre leurs enfants, à ressentir leurs émotions et leurs besoins. On arrête donc les câlins dès que l'enfant est suffisamment âgé pour que cela n'entraîne pas son décès immédiat. Il restera ainsi au stade psychopathe et pourra être vendu comme homme demain aux multinationales.

La pédophilie légale

Un genre commun de pédophiles sont des personnes très immatures, mentalement bloquées au début de l'adolescence. Elles veulent jouer avec les autres enfants, tout en ayant des instincts et des réactions sexuelles d'adulte. En particulier, elles ont la force physique et les capacités de manipulation d'un adulte. Elles ne comprennent pas que la façon de jouer entre adultes est effroyablement destructrice si elle est imposée à des enfants. Plus que pour la satisfaction sexuelle, toucher l'enfant est nécessaire pour le dominer mentalement. Depuis peu, quand les autorités réussissent à comprendre qu'une telle personne s'attaque à des enfants, elles interviennent pour stopper le processus. Par contre si des parents imposent leurs délires immatures à leurs enfants mais qu'il n'y a pas attouchement, on les laissera faire.

Confusion des pulsions et des sentiments

L'humain est plastique et omnipotent. Il a toutes les pulsions, tous les sentiments et tous les comportements que l'on peut retrouver séparément chez les autres espèces animales. Il faut beaucoup d'éducation pour qu'un humain apprenne à faire le tri en lui et apprenne à construire des choses élégantes. Une valeur sûre pour nuire aux enfants consiste à entretenir la confusion entre les pulsions. Si un adolescent est attiré physiquement par une personne, il faut qu'il croie qu'il l'aime. S'il tombe amoureux d'une personne, il faut qu'il croie que c'est une action intentionnelle de cette personne sur lui.

Destruction par le stress

L'enfant doit vivre dans la menace. Le monde extérieur est méchant... Il doit marcher droit sinon... Cela empêche les neurones de se développer normalement. Le stress devient acquis. Les enfants qui ont subi cela deviennent des adultes perpétuellement angoissés et incapables de gérer leurs émotions. La démarche opposée fonctionne aussi : les enfants maintenus dans un cocon rose de pseudo-gentillesse deviennent également des adultes incapables de maîtriser la réalité. L'essentiel est de veiller à ce que l'enfant n'apprenne pas à comprendre son environnement. Il ne faut pas qu'il apprenne à dialoguer, comprendre, négocier... La peur et la violence doivent être sa seule réalité. On applique ces méthodes aux chiens tueurs.

Bloquer l'âge mental

Un toxicomane a un âge mental de 4 ans. Un escroc a un âge mental de 7 ans. Un dictateur a un âge mental de 12 ans. Un adulte a un âge mental de 80 ans. Réciproquement, on pourrait dire qu'un enfant passe par une série d'étapes au fil de sa croissance. À 4 ans, il est à la recherche de son bien-être immédiat et considère que l'univers gravite autour de lui. À 7 ans, il a compris qu'il doit négocier pour obtenir ce qu'il veut et il l'obtient par la manipulation et le mensonge. À 12 ans, il a des projets qui concernent autrui et il les impose par la séduction et par la force. Au delà, il apprend graduellement à considérer les autres comme aussi important que lui et faisant partie de lui. Il apprend à les connaître et à se connaître. Pour fabriquer un bon toxicomane, escroc ou dictateur, la meilleure solution consiste à imposer un traumatisme à l'enfant qui le bloque à cet âge. Un moyen moins sûr consiste à empêcher l'enfant d'avoir accès à ce qui lui permet d'avancer en âge mental. La toxicomanie est souvent obtenue par une régression : on désocialise l'enfant, on le prive de toute reconnaissance et d'affectivité. Il s'effondrera alors graduellement jusqu'à revenir au mode de fonctionnement d'un petit enfant : l'oralité, les satisfactions et les besoins immédiats...

L'enfant est génial

C'est une valeur sûre : vous affirmez que l'enfant est une sorte de plante magique qui va spontanément grandir majestueusement dans le paysage urbain. Il n'y a qu'à le laisser faire... Il faut juste l'arroser tous les jours et lui donner de l'engrais. Il ne faut pas lui parler, ne pas le conseiller... Il est inutile de jouer avec lui, de s'intéresser à ce qu'il fait, de le conseiller dans les moments d'angoisse... "Tu es génial !"

Stupide

Certains de mes amis ont un parcours professionnel prestigieux. Ils sont engagés par des universités étrangères renommées, travaillent sur des sujets d'avant-garde, fournissent des institutions internationales... Quand je les ai rencontrés, alors qu'ils sortaient comme moi de leurs études secondaires, ils étaient pourtant convaincus d'être stupides. C'est une schizophrénie assez curieuse à observer. Leurs professeurs les avaient patiemment convaincus qu'ils sont bêtes. Si vous ne faites pas comme le professeur, c'est que vous êtes bête...

Pas d'habileté

L'acquisition de l'habileté manuelle ou mentale est un processus très long, qui passe par de nombreux stades. Chaque stade implique des dizaines d'heures d'essai et erreur, étalés sur plusieurs mois. L'enfant imagine sans cesse des choses et puis doit se confronter à la réalité. Bloquez l'enfant à l'un de ces stades et vous obtiendrez un handicapé à vie, dépendant du système. Quoi que fasse l'enfant, tapez-lui sur les mains, saisissez ses outils et faites à sa place ce qu'il voulait faire, en lui reprochant sa maladresse. L'école utilise une méthode très astucieuse : on fait faire des travaux manuels aux enfants mais en leur faisant suivre une procédure rigoureuse. On peut donc prétendre développer leur habilité, tout en limitant leur locomotion manuelle et surtout intellectuelle au minimum possible. Une autre méthode consiste à donner aux enfants des outils inutilisables. On leur donne des compas qui plient, des scies qui ne coupent pas, de la colle qui se contente de faire des taches... sous prétexte que ce n'est jamais que pour des enfants... Le nec plus ultra consiste à leur donner des outils bon-marchés, qui cassent un peu au hasard dès qu'un effort leur est appliqué. Blessures laides et mutilation des doigts ou des yeux garanties !

Il n'a qu'à faire ce qu'on lui dit

Quand vous avez un bon rapport affectif avec un enfant, il vous obéit facilement. Si vous lui dites de reposer un objet, c'est comme si son bras était greffé à votre cerveau et que vous reposiez vous-même l'objet. Cela n'empêche pas son cerveau de travailler et de chercher à comprendre vos motivations. Il faut alors discuter gentiment avec lui, lui fournir toutes les informations demandées et impérativement lui donner raison chaque fois qu'il a raison. Vous avez affaire au superprédateur le plus dangereux de l'histoire de la planète Terre. Croyez moi, même quand il est encore à l'état larvaire, il vaut mieux négocier. Certains adultes ne l'entendent pas de cette oreille et considèrent qu'un enfant doit obéir. Tant qu'il n'a pas obéi les punitions deviennent de plus en plus fortes, de plus en plus douloureuses. L'enfant n'a qu'à obéir s'il veut éviter de souffrir...

Non n'est pas non

Un fondement de tout système d'éducation est : "non, c'est non !" Un enfant ne doit pas pouvoir faire revenir ses parents sur une décision en geignant. Tout au plus, si le sujet est important, il peut espérer une procédure en appel, menée avec ordre et méthode. Même un chat ou un chien, comprennent parfaitement le mot "non !" et surtout l'intonation calme et ferme avec laquelle il doit être prononcé. Je suis régulièrement traumatisé à la vision de parents qui finissent par accorder une friandise à leur enfant, après qu'il ait hurlé en pleurs comme un goret. Dans certains cas, je crois que c'est juste de l'inconséquence. Le parent est fatigué par une dure journée. Donner sa friandise à l'enfant permet de gagner quelques minutes de répit. Comme un toxicomane, quand il réussit à se procurer de quoi s'envoyer une petite dose de bien-être dans le bras ou dans les narines. Dans d'autres cas, je crois que le parent trouve une satisfaction dans la dépendance que l'enfant manifeste. Il se sent valorisé. Comme un dealer qui règne sur son cheptel de clients. Être dealer est tout un art. Il faut savoir faire attendre le consommateur pour faire monter la tension, obtenir que la piqûre soit une délivrance la plus exquise possible... Il faut savoir accorder des choses au client tout en l'humiliant juste ce qu'il faut pour qu'il accepte d'obéir à des ordres simples... Si ces enfants ont de la chance, il fuiront leurs parents vers quatorze ans. Sinon, ils risquent de zoner maladivement chez eux jusqu'à trente ans ou plus.

Récompenser la délinquance

Un policier m'a expliqué comment était géré le problème des bandes de jeunes déscolarisés qui hantent les rues de quartiers pauvres. Après quelques délits, la bande est arrêtée en bloc. La majorité des membres de la bande est très facilement resocialisée. Il faut parler avec eux, comprendre leurs problèmes et leur offrir des solutions. On les relance dans un parcours scolaire, on leur construit un terrain de jeux, on leur donne des numéros de téléphone à appeler en cas de besoin, on leur offre des vacances organisées, on met en prison un oncle tripoteur... Une minorité n'est pas capable de s'insérer dans un parcours normal mais quittera tout de même la délinquance. On leur trouve des petits boulots, on reste en contact avec eux... Une infime minorité est définitivement perdue pour la société. Quoi que l'on fasse, quels que soient les efforts de dialogue, leur vies oscilleront définitivement entre la prison et le crime organisé... Du point de vue de certains bourgeois à la vue courte, offrir des terrains de jeux et des vacances à ces "voyous" est une aberration. Comprenons-nous bien : ces "cadeaux" viennent longtemps après que les jeunes aient étés punis et semoncés pour leur conduite. On ne fait que rétablir un minimum de justice, en donnant à ces jeunes ce à quoi ils ont constitutionnellement droit et qui leur avait été refusé. Cette privation était par ailleurs une des causes de leur délinquance... Tout à l'opposé, certains parents raccourcissent le mécanisme et lient directement délinquance et récompense. À un enfant qui a déjà tout, ils offriront toujours plus, s'il vole, ment ou frappe. Ils ont peur de l'enfant. Les cadeaux sont la seule façon d'obtenir un semblant de dialogue, d'apaiser momentanément son altesse. Par exemple, dans un grand magasin j'ai entendu une mère appeler son fils de sept ans pendant un quart d'heure. Il jouait avec le contenu de boîtes qu'il avait prises dans les étalages et ouvertes à même le sol. Il entendait sa mère l'appeler mais s'en fichait. Quand enfin ils sont passés à la caisse du magasin, la mère était visiblement très mal à l'aise. Tout en essayant d'avoir l'air heureuse et détendue, elle a fourré dans les mains du gosse des friandises et des petits jouets qui se trouvaient dans un présentoir le long des caisses. Ils les a simplement entassés dans ses main, les jaugeant comme un butin sans intérêt.

L'indifférence

Pour certains animaux, ce qui n'a pas d'odeur n'existe pas. De la même façon on dirait que, pour certains parents, leur enfant n'a pas d'odeur. Ils lui donnent à manger et lui achètent des vêtement mais ses problèmes n'existent pas. S'il a fait un cauchemar, s'il s'est fait mal... c'est comme s'il ne se passait rien. Les même parents peuvent être fous de préoccupation pour un autre de leurs enfants. Le moindre inconfort de cet enfant met la maisonnée en émoi. Les deux enfants en subiront des conséquences plus ou moins graves. Le plus étrange sont les parents qui réussissent à appliquer ces deux comportements extrêmes au même enfant. Les besoins réels de l'enfant sont ignorés ou moqués. Tout à la fois, les parents rêvent qu'il est l'enfant idéal. Ils parlent tout le temps de leur enfant idéal, font de dépenses mirifiques pour lui... dont le véritable enfant bénéficie parfois mais en général pas.

Assurer la joie de vivre de l'enfant

Quand vous assistez à un procès, il est déconcertant d'entendre avec quelle facilité les accusés ont disposé des biens ou de même de la vie de leurs victimes. Parfois les parents des accusés n'ont aucune responsabilité dans ce fait et parfois si. J'ai vu des parents exciter leurs enfants, leur faire faire un maximum de bruit, en sachant que des voisins entendent tout et sont à bout de nerfs. La joie de leurs enfants est leur drogue. Ils leur apprennent à ne pas tenir compte des gémissements des voisins.

Le moyen de faire mal

Vous discutez d'un enfant avec ses parents et vous partez inconsciemment du principe que vous êtes en présence des personnes en lesquelles il peut avoir le plus confiance. Vous êtes content de leur donner des informations dont ils semblaient ne pas encore avoir conscience. Vous vous flattez d'avoir contribué à l'essor de l'amour universel. Quelques jours plus tard, vous vous rendez compte qu'ils n'ont retenu qu'une seule chose : ce qui peut faire mal à l'enfant. Ils s'en servent à présent pour exercer des chantages sur lui. Rien de ce que vous leur avez dit de constructif ne les a intéressés.

Le culte de la souffrance

Il est inévitable qu'un enfant se fasse mal ou qu'il ait des peines. Cela fait partie de son processus d'apprentissage. Certains parents ont une conception très personnelle de la souffrance des enfants. Ils décident par exemple d'un quota de souffrance journalière pour leurs enfants et mettent en application ce qu'il faut pour l'obtenir. Parfois cela est accompagné de justifications idéologiques ou religieuses, parfois même pas. L'enfant doit souffrir, c'est tout... On organise des prétextes pour frapper, priver, humilier, casser...

Apprendre la confiance en la drogue

Je l'ai entendue plusieurs fois : "la drogue est la seule chose en laquelle je peux avoir confiance". Arbitraire, trahisons.. on dirait que les "adultes" qui s'occupent des enfants sont des préadolescents attardés. La cigarette, l'alcool, le cannabis et plus si affinités, deviennent les seules sources de réconfort pour les enfants, de soutien moral...

Le prof a raison

J'ai parfois donné des cours de rattrapage à des enfants. Le plus souvent, l'enfant n'a en réalité aucun problème de compréhension du cours. Il est juste déstabilisé par un professeur particulièrement inadapté, qui n'arrive même pas à faire semblant d'enseigner. Mon seul véritable apport consiste à écouter patiemment l'enfant parler de son professeur, lui poser des questions et lui expliquer que son professeur a de graves problèmes de personnalité. C'est essentiel, parce que l'enfant se demande si c'est lui ou le professeur qu'il faut enfermer. Ses parents lui disent que c'est lui.

Le prof a tort

Il peut arriver qu'un professeur et un élève ne se comprennent pas. Ni l'un ni l'autre n'est cancre ou incompétent mais le courant ne passe pas. Le rôle des parents et des autres éducateurs devrait alors être d'aider à construire le dialogue. On s'en garde bien... La guerre est déclarée contre le professeur, contre le directeur de l'école s'il le faut.

10% n'est pas 11% !

Une chose importante à apprendre aux enfants, au cours de Biologie, est que les boissons sucrées du commerce contiennent de l'ordre de 10% de sucre. Peu de personnes, même des enfants, accepteraient de manger 30 grammes de sucre blanc puis de boire un tiers de litre d'eau. C'est pourtant ce qu'ils font quand ils avalent une cannette de "leur boisson favorite"... Pour être exact, la proportion de sucre dans la boisson phare est de 11%. Le cours contiendra donc ce chiffre : 11%. À l'interrogation, si un enfant répond qu'il y a 10% de sucre dans ces boissons, c'est une réponse parfaite. Il aura pourtant zéro, parce que la réponse contenue dans le cours est 11%... De même, si la question est posée sous forme de choix multiple, dans un pays civilisé on proposera par exemple 1%, 10%, 30% et 90%. En Belgique, il y a une forte tendance à proposer par exemple 10%, 11%, 12% et 13%. Le bon sens et la culture générale des enfants n'ont aucune importance, pas d'avantage que leur aptitude à survivre aux multinationales. Ce que l'on attend d'eux est l'aptitude à apprendre par coeur le chiffre inutilement précis de 11%. D'autant plus inutile que ce chiffre varie d'une boisson sucrée à l'autre... Ce que l'on attend d'eux est de prouver leur aptitude à se consacrer servilement à leurs enseignants et plus tard à obéir aux multinationales qui fabriquent les boissons sucrées.

Fais comme on t'a dit !

L'image ci-dessous montre un travail scolaire classique et très important : construire les symétries d'une figure. Dans ce cas précis, l'enfant doit faire quatre symétries successives, par rapport aux deux axes, pour ramener le triangle sur sa position de départ. Quand l'enfant s'apprête à dessiner le quatrième triangle, il s'aperçoit qu'il ne coïncide pas parfaitement avec le triangle de départ. Cela est dû aux erreurs de dessin successives. Il y a alors deux comportements possibles : l'enfant peut choisir d'être honnête ou d'être intelligent. Honnête, il dessine le quatrième triangle légèrement faussé (figure c), tout en comprenant qu'idéalement il aurait coïncidé. Intelligent, il triche dans son dessin et dessine le quatrième triangle exactement sur le triangle d'origine (figure b), comprenant que c'est le résultat idéal désiré. L'honnêteté le prédispose à devenir ingénieur, l'intelligence le prédispose à devenir mathématicien. Un bon instituteur peut construire toute une leçon de vie de ce petit cas tracassin. Chargé d'aider un enfant à faire cet exercice comme devoir, j'avais abouti à la figure (c) et j'avais dûment expliqué à l'enfant qu'idéalement les triangles auraient coïncidé. Quelques jours plus tard, j'apprend que j'ai déçu. L'instituteur s'était montré très colère et avait dit que le devoir était mal fait. Il voulait que les triangles coïncident... J'ai donc été répertorié comme incapable de faire même des devoirs d'école primaire... L'enfant n'a pas appris grand-chose en Mathématiques ou en ingénierie mais il a appris ce qu'il devrait faire à l'examen. C'est tout ce qui compte...



Ne pas enseigner

Un enseignant belge n'enseigne pas. Il récite un cours. C'est ensuite, à la maison, que les parents doivent se débrouiller pour essayer de faire comprendre les choses à l'enfant. Les enfants les plus chanceux se débrouillent par eux-mêmes. Le principe (théorique) de l'enseignement républicain français est que l'enseignement assure une base aux enfants. Si vos parents ne s'occupent pas du tout de vous, l'enseignement est là pour vous apporter la base, pour devenir un homme pensant et conscient de ses actes. En Belgique, si un enfant n'a pas de très bons parents, il sortira de l'enseignement avec juste une grosse mémoire toute vide.

Ne pas être enseigné

Un ami, ingénieur civil de formation, avait appris à programmer. Il n'avait pas appris à l'université, bien sûr, mais par lui-même. Afin de réunir un peu d'argent pour fuir le pays, il s'était fait engager comme professeur de Mathématiques dans une école de cours du soir d'Informatique. Assez naturellement, il donne son cours de Mathématiques avec une orientation informatique. Il finit par se rendre compte du fait que les étudiants n'ont pas la moindre notion de programmation. En deuxième année de cours du soir d'informatique, c'est un peu gênant... Par réflexe, il se met à leur expliquer des notions de base de programmation. Le visage de deux étudiants dans la classe s'est soudain éclairé. On leur donnait enfin ce pour quoi ils étaient venus ! Les autres étudiants, par contre, l'ont très mal pris. Ils se regardaient les uns les autres, perdus et furibonds. Mon ami a senti une stalagtite de glace lui traverser l'échine quand une voix s'est élevée : "mais Monsieur, ce ne sont pas des mathématiques !" Il a immédiatement compris qu'il risquait des ennuis pour son faux pas. Il a saisi un livre de Maths et a recopier des formules au tableau, que les étudiants ont transcrites dans leur feuilles. Ils ne comprenaient rigoureusement rien à ces formules mais les choses étaient rentrées dans l'ordre. J'ai moi-même assisté à une telle scène, quand j'avais neuf ans. Notre instituteur était de la vieille école. Il racontait régulièrement des histoires en classe. Des histoires éducatives, bien sûr. Un jour, une petite fille s'est levée, excédée. Elle est sortie de son banc et a fait trois pas vers le bureau de l'instituteur. "Mais monsieur, quand est-ce que vous allez donner cours ?!" Il a immédiatement interrompu son histoire et a commencé à écrire des choses au tableau. Il a raconté beaucoup moins d'histoires par la suite, et des plus courtes. Le père de cette fillette était lui-même enseignant. Plus tard, cela m'a fait penser à la Russie sous Staline, quand un enfant de sept ans pouvait interrompre son père si celui-ci disait quoi que ce soit qui semblait contraire à la doctrine. Les pères se taisaient, terrorisés.

Les méthodes d'enseignement

On me flatte d'être capable d'expliquer n'importe quoi à n'importe qui. Enseigner, c'est une question d'osmose. J'essaye de comprendre comment fonctionne l'esprit de mon élève, de savoir quelles sont ses bases. Je lui présente les choses de certaines façons qui permettent à son esprit de s'y connecter rapidement et utilement. Je veille à semer des points de doute pour que son esprit creuse au delà de mes explications. Si un étudiant me dit que je lui ai expliqué en une heure ce qu'il n'avait jamais compris après plusieurs centaines d'heures de cours, d'étude et de travaux pratiques, je considère avoir exercé mon art. Par contre j'ai toujours été perdu quand je lisais la description de "méthodes d'enseignement". On trouve parfois des réflexions justes dans ces méthodes. Mais je ne vois pas comment on peut former des enfants ou de professionnels en appliquant ces "méthodes". Si un instituteur s'extasie d'une méthode, je suis sûr de voir ses élèves perdus, apeurés devant les matières. L'administration semble adorer les méthodes.

Ne pas sortir des schémas de base

Il existe des paradigmes très différents les uns des autres. Dans un enseignement de qualité, on apprend plusieurs paradigmes aux enfants. Chaque nouveau paradigme déboussole les enfants, parce qu'il ne fonctionne pas comme les paradigmes déjà connus. Il semble insensé. Il faut plusieurs mois pour s'y habituer, en les pratiquant. Le cerveau finit par absorber chaque paradigme et y trouver sa logique. On cherche donc à éviter que les enfants puissent absorber de nouveaux paradigmes. On leur prétend que tout ce qui existe "ressemble" à ce qu'ils connaissent déjà. Les enfants deviennent ainsi persuadés de maîtriser le monde alors qu'ils ne disposent pas de plus de quelques systèmes rudimentaires.

Qui peut le plus peut le moins

L'enseignement belge est une triste garderie pour futurs consommateurs. La majorité des jeunes adultes ne sont même plus capables d'écrire des phrases simples correctement ou de faire des raisonnements géométriques dans la vie de tous les jours. Dans les "bonnes" écoles, on mime la connaissance avec brio. Cette industrie de l'avachissement est conçue pour que les enfants y engraissent paisiblement, avec juste ce qu'il faut de bassesse intellectuelle et morale. Les enfants qui ont une bonne mémoire et peu de centres d'intérêts, y fleurissent. Par contre les enfants doués, en particulier ceux qui ont de la personnalité, en souffrent atrocement. Pour eux, la mutilation est particulièrement cruelle. Si vous essayez de faire comprendre ce génocide de l'intelligence à un bourgeois, il vous répondra que si ces enfants sont intelligents, ils sont donc capables de s'adapter et ne peuvent que d'autant mieux réussir dans l'enseignement. CQFD...

Luter activement contre l'intelligence

Les "galgos" sont des chiens lévriers, utilisés en Espagne dans des courses. Un lapin en peluche est fixé à un perche, qui elle-même est fixée à une locomotive miniature. Les galgos courent pour attraper la peluche. Pour le reste, cela fonctionne comme les courses de chevaux. En principe, les courses de lévriers ne sont pas cruelles. Rien à voir avec les corridas sanglantes... En fait si, parce qu'un galgos qui a déçu sera torturé. Son propriétaire se défoule sur lui. On les brûle vifs, on leur verse de l'acide sur le corps, on leur coupe une patte ou le museau au sécateur, on les pend à une branche avec un fil de fer en faisant en sorte que leurs pattes arrières touchent encore un peu le sol... Si un galgos a très bien couru, il bénéficie d'indulgence et sera simplement abandonné quand il est trop vieux. Les galgos qui suscitent les colères les plus noires sont ceux qui font preuve d'intelligence. Il se fait que la piste de course est en épingle. Un chien intelligent se rend compte du fait que s'il abandonne la poursuite et traverse la piste, il se trouve à l'endroit où le lapin va passer dans quelques secondes. Moins grave sera le sort du galgos simplement habile, qui réussit à attraper la peluche en courant derrière. Il est disqualifié par le règlement. Il sera juste passé à tabac par son propriétaire, sachant que le risque qu'il renouvelle l'exploit est faible.

Le désenseignement

Les Shadocks avaient le désordinateur, les belges ont le désenseignement. Il vous est certainement déjà arrivé de lire un manuel, de comprendre, puis de vous rendre compte, en passant à la pratique, que vous n'aviez rien compris du tout et qu'il faut reprendre la lecture du manuel à zéro ou trouver une personne compétente pour vous expliquer. Beaucoup d'enseignants belges se limitent au premier stade : croire comprendre. Ce qu'ils expliquent à leurs élèves utilise les bons mots techniques, a l'air logique et correct mais est en réalité totalement aberrant. Comme leur matière est toute leur vie, ils la disent avec aplomb et autorité. Si un enfant avait des compétences dans cette matière, elle seront remplacées par le délire du professeur. Vous connaissiez le sujet, au sortir du cours vous n'y comprenez plus rien.

Le cryptage

Cela se manifeste dans les universités. Certains professeurs ont tout de même une forme minimale mais bien réelle de compréhension de leur matière. Ils se rendent compte du fait que cette matière est triviale, qu'un enfant de 14 ans un peu doué la maîtriserait sans peine. Ils craignent comme la mort l'opinion que les autres professeurs vont avoir de leur matière. La solution, c'est le cryptage. Il faut emballer la matière dans un charabia complètement décalé. Plus personne ne peut comprendre le cours, encore moins l'utiliser. Cela ne dérange pas les étudiants puisque de toute façon ils ânonnent par coeur et se contentent de suivre les procédures.

Le théâtre

Connaissez-vous le culte du Dieu Cargo ? Les américains avaient établi une base aérienne sur une île du Pacifique. Sans que cela soit planifié, les indigènes de l'île ont bénéficié des surplus de l'activité aéroportuaire. Des vivres, des vêtements, des médicaments... Un jour, les américains sont repartis, laissant l'aéroport désert. Les indigènes se sont retrouvés démunis. Ils ont alors développé le culte du Dieu Cargo. Ils ont mimé les gestes et les paroles du personnel de l'aéroport, pensant ainsi faire revenir les gros avions porteurs de victuailles. Ils n'avaient pas la moindre compréhension de ce qui se passait mais ils mimaient du mieux qu'ils pouvaient. Les responsables de l'enseignement belge n'ont pas non plus la moindre notion d'à quoi servent la culture ou la science. Mais ils connaissent des phrases types, qu'ils répètent pour louer la culture et la science. Il se servent de ce théâtre pour assouvir leur besoin réel : garder leurs statuts et écraser les jeunes.

Éviter la capacité à la solidarité

Le socialisme constitue l'endoctrinement de base de la jeunesse belge. Le socialisme est bon, doux et affectueux. Le socialisme est ton histoire et la fierté de tes ancêtres. Tu dois tout au socialisme. Le socialisme est le bon choix. Cela tourne à la folie. Tous les textes que l'on donne aux enfants sont au minimum crypto-socialistes. Mais... jamais, au grand jamais, on n'apprendra aux enfants ce qu'il faut connaître pour mettre en pratique les vertus socialistes. La capacité d'organisation, la remise en cause de l'autorité, la solidarité volontaire... En lieu et place on dresse les enfants les uns contre les autres. Ils seront au maximum capables de conclure des pactes temporaires pour écraser d'autres groupes d'enfants et prendre leur place dans la hiérarchie sociale.

Réduire le vocabulaire

Le but est surtout de réduire le nombre de notions symboliques et philosophiques que les gens sont capables d'utiliser et de comprendre. La réduction du vocabulaire est pratiquée activement à l'école mais une personne qui connaît beaucoup de mots ne sera pas persécutée pour autant. On accepte très bien qu'elle brille en société, par sa capacité à jouer au scrable, aux mots croisés, aux chiffres et aux lettres... Mais il ne faut pas qu'elle comprenne ce que ces mots signifient, encore moins qu'elle en ait un usage fonctionnel dans ses pensées.

La perfection en tout

Comment obtenir que des enfants soient nuls tout en les mettant dans des écoles de haut standing ? Facile : en appliquant le vieil adage "le mieux est l'ennemi du bien". Sous prétexte d'excellence, on va obliger les enfants à être irréprochables. Tout acte, tout geste, tout exercice scolaire... doit être impeccablement réussi. Cela n'est possible que si l'on fait faire aux enfants des choses très rudimentaires, qui ne leur apprennent presque rien. On apprend beaucoup plus par ses échecs que par ses réussites. Il faut donc interdire l'échec. Même les jeux ne pourront se faire que de façons codifiées. L'exploration est interdite, que ce soit l'exploration de la cave, du village voisin, de la langue ou des mathématiques.

La procédure

Dans les enseignements de beaucoup de pays, on apprend systématiquement plusieurs méthodes aux enfants pour résoudre un problème de mathématiques ou de physique. En comparant ces méthodes, en les comprimant l'une dans l'autre... les enfants acquièrent une intelligence des choses. Leurs cerveaux deviennent définitivement capables de résoudre des problèmes. En Belgique, on prend soin de ne montrer qu'une méthode à la fois. On ne peut même pas vraiment appeler cela une méthode ; plutôt une procédure. Les enfants apprennent la procédure par coeur et puis l'oublient. Ils sont au maximum capables de faire des arrangements mineurs dans les procédures, souvent de simples permutations. Les exercices à l'examen sont les mêmes que ceux vus pendant les cours, on change juste les valeurs numériques. À ce propos, un étudiant m'a expliqué qu'à présent à l'université, certains professeurs ne changent même plus les valeurs numériques.

Pas d'informatique

L'armée américaine avait constaté une baisse de la qualité de ses officiers. Un enquête a été faite. Conclusion : le problème venait de la suppression des cours de latin à l'école. Le latin est une école de logique, de culture... Il n'est pas forcément nécessaire de réinstaurer le latin. Il peut par exemple en partie être remplacé par des cours d'informatique. Pas la simple informatique-bureautique mais la vraie informatique, celle de la programmation et de l'électronique. Je suppose qu'il existe encore des professeurs qui donnent de tels cours mais les témoignages que j'ai reçus sont inquiétants. Dans une section scientifique, en fin de secondaire, le cours d'informatique est un simple cours de dactylographie. Il est donné à des jeunes qui répondent à toute vitesse à des messages sur leurs PC depuis des années... Le jeune qui me l'a raconté en devenait fou d'ennui et d'humiliation. Un professeur d'informatique ne savait pas qu'il faut donner l'ordre à l'ordinateur de s'éteindre et non pas tirer la prise de courant... J'ai aidé un étudiant pour ses travaux d'informatique. Les laboratoires et l'examen parlaient de choses qui n'étaient absolument pas contenues dans le cours. Certaines questions portaient sur des appareils qui ont disparu avant la naissance de l'étudiant. Le cours contenait des erreurs qui montraient que le professeur n'a que des notions minimales du sujet. Le cours, les travaux pratiques et les questions d'examens étaient des documents qu'il avait assemblés en puisant dans des sources au hasard, sans même être capable d'établir une cohérence entre elles. Bien entendu, ce cours n'amenait pas la moindre compréhension de la programmation. L'étudiant m'a expliqué que tous ses condisciples recouraient à des informaticiens de leurs connaissances pour faire les travaux à leur place et se contentaient de mémoriser le reste sans rien comprendre.

La gigantesque masse des syllabus

Les syllabus universitaires sont des compilations de données. Une page de syllabus prise au hasard doit être jolie et ne pas contenir d'erreur flagrante. La masse de syllabus qu'un étudiant doit étudier sur une année se doit de convaincre le visiteur impromptu que les belges sont très savants. On étudie ces matières par coeur mais avec un certain travail. Il faut savoir mettre un peu d'ordre dans les mots des chapitres... Les écoles réputées préparent les enfants à mémoriser des masses toujours plus imposantes, pour les préparer à l'université. La camaraderie est très importante : elle vous permet de savoir quelles parties des cours il n'est pas nécessaire de mémoriser et d'obtenir des documents prémâchés. Si un étudiant est doué pour son futur métier, il faut qu'il hurle de désespoir en essayant de comprendre les syllabus ou en essayant d'en tirer des informations utiles. Ces étudiants-là sont des mesquins. Ils pourraient nuire aux camarades. J'ai fait l'expérience d'ouvrir un syllabus quelques jours après l'examen, devant un camarade qui avait eu 18/20 à cet examen. Quand je lui disais le titre d'un chapitre, il me donnait aussitôt son contenu. Je lui ai demandé ce que cela voulait dire. Il m'a répondu qu'il n'en avait pas la moindre idée. Aucun étudiant ne garde ses syllabus après ses études. Ils sont rigoureusement inutilisables dans un cadre professionnel. Si vous gardez un syllabus et le montrez après un ou deux an à un camarade, il vous assurera n'avoir jamais vu cette chose.

Apprendre à plaire

Les enfants apprennent au fil des études à deviner ce que les professeurs attendent. La matière a relativement peu d'importance, l'égo du professeur en a une démesurée. Quand j'aide des étudiants, il m'arrive assez souvent de ne pas comprendre une question d'examen, alors qu'elle concerne un domaine où je suis parfaitement compétent, voire où j'ai longuement exercé. En procédant avec l'étudiant à un examen psychiatrique par contumace du professeur, je fini parfois par comprendre ce qu'il avait en tête. Assez souvent, la seule solution est de consulter la réponse à la question, fournie sur une feuille séparée. Il n'y a simplement rien à comprendre, juste à apprendre par coeur.

L'incompétence, ce n'est pas grave

Il y a quelque jour, à la poste, je n'ai pas pu envoyer un paquet, parce qu'il faisait plus de trois centimètres d'épaisseur. Les paquet de plus de trois centimètres d'épaisseur impliquent de remplir un formulaire. Le bureau de poste avait les formulaires nécessaires mais ils étaient en train de les recompter. Ils n'avaient pas pensé à laisser dix formulaires disponibles pour les envois qui seraient demandés pendant que le comptage a lieu. C'est à l'école primaire que l'on apprend le bon sens et le savoir-vivre nécessaires pour cela. En Belgique, l'essentiel des dégâts est organisé à l'école primaire. L'enseignement secondaire visse le couvercle sur les gravats. L'université ajoute un peu de vernis. J'ai eu une curieuse conversation avec un bourgeois et un fonctionnaire. Nous parlions des études de dentiste, qui sont une mafia organisée dans notre région. Des étudiants simplement crétins obtiennent leurs diplômes parce qu'ils sont enfants ou neveux de dentistes. Le fonctionnaire confirmait mes propos, dont la teneur est bien connue de ses services. Le bourgeois soutenait mordicus qu'une proportion de diplômés incompétents est une chose naturelle et presque désirable. Un mois auparavant, pourtant, j'avais épongé avec lui les larmes d'une amie dont la dentition a été ravagée par un dentiste local. Cela lui avait coûté toutes ses économies, l'empêchant à présent de recourir à la technique des implants, qui seule pouvait la sauver.

Pas d'indépendance du quatrième pouvoir

Le quatrième pouvoir, ce sont les média, l'enseignement et la religion. Les média sont contrôlés par les super-riches. L'enseignement est contrôlé par l'administration. La religion est dénaturée et reléguée. L'administration sert à donner un emploi aux personnes qui ne pourraient pas trouver un véritable emploi. Les nominations sont une grande source de pouvoir pour les politiciens et un terrain de luttes incessant. C'est un cancer grossissant dans le pays. Dans certaines communes, un tiers de la population travaille à présent dans la fonction publique ! Le mécanisme fondamental d'un cancer étant d'augmenter de volume et se propager toujours plus avant dans l'organisme, étouffant les cellules saines, l'enseignement est mis à contribution. Il est destiné à produire toujours plus de personnes incompétentes et hagardes d'esprit.

Rétrécir les capacités cérébrales

Une superstition très ancrée en Belgique est que l'on "sait" parce qu'on a passé des années sur des bancs d'école ou d'université. Certains connaissent le mot "autodidacte" mais ne savent pas très bien ce qu'ils doivent faire avec. Il apparaît comme une sorte de non-sens vaguement poétique. Dans le monde réel, toute compétence découle nécessairement d'une démarche autodidacte. Que l'on soit à l'école ou non, le savoir découle toujours d'une démarche personnelle. L'école ne peut être là que pour déclencher ou alimenter cette démarche personnelle, éventuellement pour donner de force une quantité très restreinte de bases nécessaires. Réciproquement, on pourrait dire qu'il n'existe pas d'autodidactes puisque toute étude, même en ermite, est suscitée par l'environnement dans lequel on se trouve et s'en alimente. Disons que tout véritable étudiant est un autodidacte dont la démarche s'insère plus ou moins dans un environnement social. En Belgique, un véritable étudiant est automatiquement en affrontement plus ou moins violent avec le système "d'éducation". Un véritable étudiant devient par la force des choses plus ou moins "savant" dans les domaines qu'il travaille. Toutes les questions qu'il s'est posées, toutes ses confrontations avec la réalité, ont forgé des capacités impressionnantes et très diverses dans son cerveau. Une caractéristique parmi d'autres, relativement inutile, est qu'il connaît de mémoire beaucoup de détails sur les sujets qui l'ont passionné. Il n'a pas recherché cela mais c'est une conséquence inévitable de sa démarche. Le génie de l'administration belge consiste à prendre cette caractéristique en considération et seulement elle. C'est la caractéristique la plus visible, la plus facile à comprendre pour monsieur tout le monde... On va donc forcer les enfants à faire semblant de savoir un nombre ahurissant de choses. En lieu et place de compétence et de savoir, ils n'utiliseront pour cela que leur mémoire brute. Ce matraquage de mémorisations aura pour effet d'empêcher au maximum toute structuration intelligente de leur cerveau. Elle leur procurera un dégoût du savoir, même de savoirs élémentaires nécessaires à bien faire des travaux simples. On obtient des individus qui croient que le plaisir ne peut découler que de la non-école et du non-travail. Ils seront prêts aux pires compromissions pour obtenir un statut et des revenus en prestant le minimum possible de travaux utiles à la société. Ce seront des politiciens corrompus, des fonctionnaires qui papotent, des ouvriers malhabiles, des cadres en vacances, des journalistes aux ordres... un état parasite au sein de l'Europe.

On ne joue pas avec le savoir !

Le jeu est régulièrement remis à la mode à l'école. On prend les travaux habituels mais on les améliore un peu pour en faire des sorte de jeux vidéo primitifs. On pense ainsi suscité la passion des enfants pour l'école. Le jeu de la connaissance n'a pourtant rien à voir avec cela. Il consiste à détourner le savoir et les outils de leurs usages prévus, étirer les concepts comme des élastiques, faire des erreurs intentionnelles, massacrer joyeusement la langue... Ce n'est qu'ainsi que le cerveau assimile réellement les choses et devient capable de parer aux situations imprévues. Un  enfant qui oserait faire cela sera immédiatement remis dans le droits chemin.

Le pays de poupées

On veut un joli pays où tout le monde est à sa place. Il y a les ouvriers qui travaillent, il y a les agriculteurs qui font du pain et il y a les gentils docteurs qui réparent les monsieurs qui ont bobo. Dessiner dans les marges de ses cahiers n'aide pas au joli pays. Si on subit des violences il faut se taire et faire le joli pays.

Ne pas trop apprendre à écrire

Une des rares choses pour lesquelles l'école est utile et nécessaire est le fait d'apprendre à écrire. Quand un enfant apprend à former des lettres, son cerveau fait des choix sur la façon de les dessiner. C'est pourquoi le caractère d'une personne se réflette dans son écriture. Un des rôles de l'instituteur est d'expliquer aux enfants certains pièges et d'obtenir qu'ils aient une écriture lisible par tout le monde. Ainsi, l'écriture est à la fois le reflet du caractère de l'enfant et une expression de sa volonté de s'intégrer dans une communauté. Un bon instituteur fait longuement jouer les enfants à écrire. Il leur propose de faire des dessins et des calligraphies démentes pour explorer les possibilités artistiques de l'écriture, il leur fait écrire des mots dont chaque lettre est écrite par un autre enfant, il leur montre des écritures d'autres civilisations et d'autres temps, il leur impose des exercices de rigueur extrême, il leur fait essayer divers outils d'écriture... Cela permet à chaque enfant de refléter sa personnalité au mieux tout en devenant expert dans l'art de communiquer de façon agréablement lisible à autrui. J'ai eu la chance d'avoir de bons instituteurs. L'environnement ne leur permettait pas de laisser les enfants trop explorer mais ils étaient compréhensifs et constructifs. Une fois, en intérim, la classe a subi une nouvelle institutrice. Elle s'est braquée sur moi parce que j'écrivais mes chiffres 5 d'une traite, en commençant par la droite du trait supérieur. D'après elle, il fallait d'abord faire le col et le ventre du chiffre, ensuite seulement on faisait le trait supérieur. Cela garantissait un angle droit parfait. Mes chiffres 5 étaient lisibles... J'avais dépassé depuis plusieurs années l'âge où on apprend à dessiner les lettres... Cette institutrice était une petite dame très rigide, avec l'âge mental d'une gamine un peu coincée. Elle était très appréciée de certains parents parce qu'elle faisait tout au cordeau. Elle était la bête noire des enfants. Elle ne leur apprenait à peu près rien. Elle n'avait rien à leur apprendre non plus.

La compétence à l'index

Supposons qu'un professeur d'Histoire dans le secondaire, soit particulièrement compétent sur la Renaissance. C'est sa passion, il a des souvenirs émus des travaux qu'il a effectués sur la question... Il faut alors à tout pris éviter qu'il ne puisse enseigner la Renaissance à ses élèves. Il faut le forcer à parler de la préhistoire ou des temps modernes... S'il pouvait parler de la Renaissance, il pourrait leur communiquer son enthousiasme. Il pourrait, sans le faire exprès, leur donner des éléments de sagesse, de logique, de philosophie, d'humanisme... Voire leur donner le goût du travail intellectuel. Beurk ! D'ailleurs pour bien faire les choses, obligeons ce professeur à enseigner la Géographie. Astreignons-le à asséner à ses élèves des données insipides, sur disons la Chine. Il ne faut surtout pas que les élèves discernent ces données de façon intelligente, qu'ils acquièrent une compréhension de la Chine. Il faut qu'ils se contentent d'apprendre des phrases et des schémas par coeur. Et on force le professeur à leur faire passer "des évaluations de compétences" (dès l'instant où on ajoute des mots comme "démocratique" ou "compétence", cela veut dire que l'on organise le contraire). Les élèves n'ont pas la moindre compétence et se fichent complètement des cours mais le professeur est chargé d'organiser ces "évaluations de compétences" de sorte qu'un quota acceptable d'élèves puissent faire semblant de les réussir. Bombardons le professeur de travaux pour lesquels il ne pourra pas s'organiser correctement. Il faut l'amener à bâcler ses cours, comme les élèves bâclent leurs études. La terreur des administrations, ce sont ces rares professeurs "qui ont compté" dans la vie d'un enfant. Un seul de ces professeurs peut suffire pour qu'un enfant devienne un adulte capable d'amour ! L'objectif des administrations est clair : zéro défaut dans l'élevage des droïdes hideux. Dans un pays civilisé, on se contenterait de ne confier les enfants qu'à des professeurs qui ont quelque chose à leur apprendre, même si cela entraînait que les enfants n'auraient que quelques heures de cours par semaine. Actuellement, les enfants les plus chanceux ont en moyenne quelques heures de vrais cours par mois... Le reste est de la destruction de personnalité.

Donne la réponse !

À l'école, on oblige les enfants à toujours donner une réponse. Une réponse téléphonée, bien sûr, n'impliquant que le suivi servile du cursus de l'enseignant. Cela les drile à toujours répondre positivement aux requêtes de leurs futurs employeurs. Un des effets pervers de la chose se manifeste quand vous posez une question à un fonctionnaire. Il vous donnera une réponse. Il vous a répondu n'importe quoi... cela va ruiner votre vie... mais il vous a répondu. (Si vous ne recevez pas de réponse à votre question, cela veut souvent dire que le fonctionnaire connaissait la bonne réponse.)

Tout savoir !

Il est possible que l'on instaure un jour enfin des examens d'état pour les élèves et les étudiants. Cela implique qu'il faudra définir de façon précise ce sur quoi portent ces examens. Le réflexe des fonctionnaires sera d'imposer une énorme quantité de matière pour chaque examen. Cela obligera les enseignants à ne plus faire qu'un long marathon de matières, vues très superficiellement. C'est déjà approximativement la situation actuelle, on ne fera que la renforcer. Il faut au contraire que les examens portent sur une matière extrêmement restreinte, mais qui véhicule des concepts et des paradigmes neufs. Les enseignants seront donc légalement contraints d'enseigner relativement peu de matière, ce qui leur laissera du temps pour s'occuper utilement des enfants. Ils devront s'assurer que les enfants ont une bonne et souple compréhension de cette matière. Ils doivent être capables de l'utiliser en s'adaptant. Dans ce cadre, il est nécessaire que toute matière vue les années précédentes puisse faire partie de ce qui nécessaire pour répondre aux questions d'examen. Une conséquence de cette approche est que des enfants seront inexorablement écartés de certaines matières, parce qu'il apparaîtra de façon nette qu'ils n'ont pas les capacités nécessaires. Cela ne veut pas pour autant dire que l'on doit leur réduire le nombre d'heures d'enseignement dans cette branche. Un enfant qui se destine à un certain corps de métier peut avoir grand bénéfice à cultiver un très grand nombre de matières différentes en Mathématiques, mais d'un niveau plus simple. Tandis que des "génies" peuvent préférer consacrer peu de temps aux Mathématiques mais le cibler sur ses aspects les plus complexes. C'est radicalement différent de l'approche actuelle, dont le but est de canaliser un maximum d'enfants dans des approches uniques les plus vides possibles.

Les machines à calculer...

Elles n'ont pas évolué depuis 30 ans. Pour 50 €, vous pouvez acheter un GSM très correct. Pour le même prix, vous obtenez une machine à calculer scientifique qui a un processeur 1.000 fois plus lent, un affichage à peine lisible et dont les capacités de programmation sont vétustes et désagréables. Notre société n'attache pas de valeur aux sciences... Le problème ici n'est pas que tout le monde devrait être un scientifique. Ce n'est pas ce que je veux dire. Je veux dire que les sciences sont une école de bon sens et que tout le monde, à divers degrés, devrait être capable de bon sens ; simplement doté de capacités pour jauger de choses simples et des choix des politiciens. Qui est encore capable d'évaluer approximativement le volume de sable qu'il faudrait pour remplir une structure donnée ? Les élèves à l'école utilisent leurs machines à calculer... comme des machines... Ils enfoncent les touches dans l'ordre qu'on leur a inculqué. Ils ne comprennent rien, ils ne jugent de rien... mais ils reçoivent leurs points s'ils ont suivi "intelligemment" la procédure. Pour cela, sans aucun doute, une stupide machine à calculer scientifique des années '80 fait parfaitement l'affaire (et bien standardisée... pour que le professeur n'ait pas à réfléchir). Essayez d'acheter une petite machine à calculer programmable... D'occasion sur eBay, elles se vendent à des prix astronomiques. La firme Hewlett-Packard fabrique des copies de ces machines mais les vend 140 € dans des magasins spécialisés (simplement dix fois le prix...) (signez la pétition sur hp15c.org )

La honte du diplôme

Certains jeunes se rendent compte que leurs cours sont vides et qu'ils ne savent rien. Les circonstances dans lesquelles ils ont fait leur travail de fin d'étude peuvent être très éclairantes. Le promoteur de mémoire les a félicités alors qu'il y avait des erreurs ou des manques flagrants... Ils ont obtenu une bonne note mais les commentaires des assesseurs montrent qu'ils n'ont rien compris... Ces jeunes en développent une forte gène. Ils craignent les conversations avec les personnes compétentes, ils ont peur des responsabiltés de la vie professionnelle... D'autres jeunes sont à l'opposé. Ils n'ont même pas les moyens intellectuels nécessaires pour se rendre compte de la situation, ou savent déjà que tout est truqué. Ils iront travailler à un endroit où les patrons ne valent pas mieux... voire feront faire les travaux par des personnes compétentes mais auxquelles on a refusé le diplôme. Ce qui compte est d'occuper un place en vue et d'avoir un bon salaire. Les personnes compétentes reçoivent des cacahuètes pour faire le travail mais c'est la vie...

C'est à cause des sous...

Pour justifier la fuite des cerveaux, dont nombre d'enseignants et de chercheurs universitaires, on dit qu'ils partent trouver un meilleur salaire. On implique par là qu'ils troquent leur amour du pays pour quelques dollars de plus... Personnellement, je ne connais personne qui soit parti de Belgique dans le but de gagner plus. La raison est toujours la possibilité de travailler dans de bonnes conditions : faire des choses utiles avec des personnes correctes. De même, je connais des personnes qui ont quitté les universités belges, alors qu'on leur proposait un poste élevé et bien payé, pour aller travailler deux échelons plus bas mais dans un pays civilisé. Un autre argument que j'ai entendu est qu'on aimerait bien pouvoir financer les recherches de ces personnes... mais on n'a pas les sous. Tandis que d'autres pays ont a des gros budgets alors voilà... C'est oublier que la Belgique est un des pays du monde où l'enseignement a le plus gros budget par habitant. La réalité est que cette masse d'argent est utilisée à autre chose que de la recherche. C'est une question de valeurs. On préfère donner un poste à une relation, plutôt que de payer une personne qui fait réellement de la recherche scientifique (et qui pourrait transmettre son savoir... ce qui pourrait mener les étudiants à se rendre compte de l'incompétence extrême des autres...)

On s'en occupe !

Il y a une énorme différence entre les étudiants qui viennent de l'étranger et les étudiants belges. Quand je donne des explications à un étudiant étranger, cela se passe en général très bien, parce qu'il ou elle a besoin de comprendre. Parfois, la motivation est directe ; un oncle a téléphoné du Maroc parce qu'une machine de son usine présente un problème. Le gamin a 48 heures pour comprendre le problème et proposer une solution. En général, la motivation est simplement d'apprendre, en prévision des problèmes qui se présenteront plus tard. Ils *veulent* comprendre, pour pouvoir se rendre utiles. L'étudiant belge par contre se fiche de comprendre. Il est uniquement motivé par l'obtention de son diplôme, ce qui implique de passer les examens. Pour cela, il faut ingurgiter puis régurgiter de la matière et des procédures et puis tout oublier. Il ne leur reste absolument rien des matières qu'ils ont vues, même pas des raisonnements ou des notions. Au mieux, ils se souviennent de certains mots techniques. Les étudiants étrangers sont traumatisés par cela et je dois leur expliquer que l'enseignement en Belgique ne sert pas à apprendre. C'est plutôt un long rituel primitif où on se pare de plumes. On caresse ceux qui distribuent les plumes dans le sens du poil et on abat la masse de travail répétitif demandée. La majorité des étudiants belges n'y voient que du feu. Ils sont nés dans ce système... Pour ceux qui risqueraient de manifester de l'esprit critique, un des verrous mis en place consiste à sous-entendre que les problèmes sont déjà pris en charge. Ils n'ont pas à comprendre ; ils n'ont pas à se préoccuper de devenir capables de résoudre les problèmes ou d'assumer des responsabilités, parce que "on" s'en charge. Qu'ils se contentent de faire ce qu'on leur dit de faire et tout ira bien pour eux...

L'école des caïds

Un des problèmes de l'enseignement sont les petits caïds qui font du racket ou qui poussent les enseignants à la dépression nerveuse. Le caïd est le cancre de jadis mais qui aurait pris de la coke et serait passé à l'armurerie. Ce dont on ne se rend pas toujours compte est le fait que les premiers caïds auxquels les enfants sont confrontés, sont les enseignants eux-mêmes. Qu'est-ce qu'un caïd ? C'est une personne qui n'a pas d'expérience de la vie, qui n'a rien à offrir et qui s'impose par la violence. La violence des caïds enseignants est moins physique que celle des élèves. Ils mettent à profit les ressources du système, comme la possibilité de recaler les élèves qui les dérangent. Certains sont doués pour la manipulation. Mais le principe est le même.

Éternellement jouer au docteur

Il est nécessaire pour un enfant de jouer au docteur, au pompier, au chevalier... Cela crée une sorte de matrice comportementale dans son cerveau, dans laquelle se grefferont plus tard ses compétences et ses responsabilités d'adulte. Le propre du jeu de l'enfant est qu'il décide des situations. Il décide qu'il reçoit un patient atteint de la shigueloze verte et il décide qu'il l'a bien soigné. Tout s'inverse dans la vie adulte, où il y a chaque fois un travail à fournir pour trouver le mal dont souffre le patient et la réussite des traitements est aléatoire. En quelque sorte, l'approche de l'enseignement moderne consiste à permettre aux enfants de devenir des adultes tout en continuant à vivre dans ce monde de l'enfance, où on décide quand on a remporté un succès. Si vous faites remarquer à un médecin, ou à un fonctionnaire quelconque, qu'il était complètement à côté de la plaque et qu'il vous a estropié, il peut devenir violent. Vous ne jouez pas le jeu... En échange, les étudiants doivent permettre à leurs professeurs d'eux aussi continuer à vivre dans leur monde de fantaisie, où ils sont d'éminentes autorités intellectuelles, adulées par leurs ouailles esbaudies devant la qualité de leurs cours.

Un ensemble cohérent

Si votre système d'enseignement produit des médecins incapables de soigner et des fonctionnaires qui laissent tout mourir autour d'eux, cela va se remarquer. Donc il faut que la population soit incapable de se plaindre et prête à gober n'importe quelle propagande qui lui change les idées. Par un heureux hasard, on obtient tout cela avec la même méthode d'enseignement.

La méthode d'éducation prussienne

Au 18ème siècle, le Roi de Prusse était confronté à une aristocratie qui lui riait au nez. Hélas il avait besoin d'elle, puisqu'elle seule disposait du niveau d'éducation nécessaire pour faire fonctionner les administrations. Avec l'aide de certaines franges religieuses, il a mis en place l'instruction publique. L'enseignement est devenu obligatoire pour tous les enfants. Dans ces écoles d'état, les enfants étaient endoctrinés à l'idée que le Roi est juste et a toujours raison. On évitait que les enfants ne dépassent un certain niveau de compréhension des choses. Au 19ème siècle, ce système a été modernisé en ajoutant l’affirmation selon laquelle l'enseignement forme des individus capables de penser par eux-mêmes.

La transmission du fluide suave

Une amie photographe a voulu s'offrir des cours particuliers avec un professeur de l'académie. Cela coute très cher. Arrivé chez elle, il lui montre un petit truc sur Photoshop puis s'installe confortablement et se met à raconter combien exaltante est sa vie, la magie de sa carrière... Elle en est restée toute paf, d'avoir payé un pont, pour se voir débiter des exaltations nombrilistes. Plus tard elle s'est rendue compte que les travaux de ce professeur et ceux de ses collègues, sont de piètre qualité artistique. Ils sont techniquement corrects, sans plus. J'ai vu cela un peu partout dans l'enseignement : des professeurs dont le cours consiste à exposer aux étudiants combien exaltant est leur statut. Je crois que mon amie n'a pas compris une chose : tout est dans cet exaltation. En payant cher et en se voyant exposer personnellement l'exaltation du professeur d'académie, elle recevait le droit d'en gouter elle-même une parcelle. Cela lui permettait plus tard d'écraser un peu son audience en racontant avoir suivi ses cours particuliers et combien il est un exaltant génie. Le problème est qu'elle est une véritable artiste, qu'elle a de très bonnes bases techniques et surtout qu'elle voulait des choses concrètes pour s'améliorer. Elle n'a donc vu qu'un gamin un peu médiocre mais très imbu de lui-même. Elle n'était pas intéressée à développer cela en elle-même... Ce système "d'éducation" produit des dentistes qui vous plâtrent un peu n'importe quoi entre les dents, des syndicalistes qui s'indignent que vous n'avez pas perçu toute l'importance de la lutte sociale quand vous leur faites remarquer qu'ils ont traité votre dossier n'importe comment et que cela vous a valu des gros ennuis, des comptables qui passent à côté d'énormités voire qui se servent dans la caisse en utilisant des astuces comptables, "parce qu'ils le valent bien"...

La théorie excuse tout

Il y a toujours eu une concurrence entre les "théoriciens" et les "practiciens". Le practicien est confronté à la réalité et sait gérer les petites contingences, pour obtenir que les machines fonctionnent. Le théoricien, quant à lui, essaye au contraire de se distancier des contingences matrielles et tente de percevoir les idées générales, qui sont communes à des machines ou même à des activités différentes. Les progrès fondamentaux sont souvent réalisés pas les théoriciens, de par leur aptitude à brasser les concepts. Mais confrontés aux réalités matérielles, ils sont relégués au rang d'handicapés moteurs par les practiciens, qui savent comment caresser la machine dans le sens du poil. Comme il est plus aisément vérifiable qu'un étudiant est nul en pratique que nul en théorie, on dit à présent que les universitaires sont trop versés en théorie, pour dissimuler le fait qu'ils sont nuls en tout.

C'est un bon camarade !

Cela ne se fait pas de recaler un ami. "Faire des études" revient donc de plus en plus souvent à frayer. Il faut sortir, participer à des beuveries, se taper sur la cuisse ensemble... On obtient alors automatiquement ses points aux examens ou tout au moins on se voit expliquer en détails ce qu'il faudra répondre aux questions. Les travaux sont faits par quelques étudiants et "partagés entre amis". Votre signature sera ajoutée à des travaux de recherche... parce que vous avez participé à créer une atmosphère conviale pour les quelques personnes qui ont fait fonctionner quelques machines pour produire une statistique quelconque.

La sélection sans rapport

Supposons qu'il y ait trop d'étudiants en premier année de faculté vétérinaire. Si on en laisse passer trop en deuxième année, ce sera invivable. Alors on durcit les examens, pour limiter le nombre de réussites. Mais quel examen va-t-on utiliser pour pratiquer cette sélection ? Quelque chose en rapport avec le métier de vétérinaire, comme la Biologie ? Non... on prends les Maths. On n'accorde aucune importance à ce qu'un candidat vétérinaire ait la moindre disposition à être un bon vétérinaire. Tout ce qui compte est d'avoir un cheptel de personnes qui veulent un diplôme et qui justifient des budgets. Les Maths sont un outil facile à utiliser pour sélectionner. Il y a une progression fluide et bien comprise entre les exercices faciles et les plus difficiles. On peut placer le curseur de la difficulté comme on veut. Il y a peut-être une autre raison, qui réside dans le fait que les bourgeois exigeants placent leurs enfants dans des "écoles modèles" où on les drille à faire des exercices de Maths. La majorité de ces enfants n'ont pas le moindre esprit mathématicien, ni la moindre propension à devenir de bons vétérinaires, mais ils sont drillés comme des soldats à résoudre des équations, donc ils ont plus de chances de passer le filtre. Donc on a moins de soucis avec les bourgeois exigeants.


Le monopôle du savoir

Un peu tout le monde critique le système, traite les politiciens de voleurs... mais personne ne semble remarquer qu'il n'est peut-être pas normal de confier l'organisation de l'éducation des enfants aux personnes-mêmes que l'on prétend être responsables des maux. Je ne suis pas contre l'enseignement d'état, je le crois même indispensable, mais si les enfants ne peuvent pas bénéficier de sources différentes et les comparer entre elles, aucune construction de civilisation n'est possible. On brandit comme un épouvantail le moment où les multinationales organiseront l'enseignement primaire. Ce serait en effet une aberration, mais pas tellement moindre que l'enseignement exclusivement organisé par les états. Il serait peut-être plus sage que les enfants aient plusieurs instituteurs. Un choisi et payé par les parents, un par l'état, un par les entreprises locales... Cela pourrait permettre d'obtenir de vraies petites teignes responsables.


Le programme !

Au Japon, on se sert de la méthode du programme pour éviter de parler de la Deuxième Guerre Mondiale aux enfants. Les évènements de la guerre figurent au programme mais tout à la fin du programme de la dernière année. Les enseignants suivent le programme de façon scrupuleuse et il se trouve qu'à la fin de l'année on n'a plus le temps pour la fin du programme. Le ministère ne leur en tient pas grief. En Belgique on utilise le programme pour éviter d'apprendre aux enfants la totalité de ce qu'ils devraient apprendre. On veut en particulier éviter que se créent des relations enseignant-élève, dans le cadre desquelles un enseignants pourrait de façon personnelle développer quelque chose chez un enfant, comme le sens des Maths ou le sens de la responsabilité. Typiquement, un enseignant va se rendre compte que la classe qu'on lui confie n'a pas les bases pour suivre le cours que le programme le contraint à donner. Le programme ne lui laisse pas de temps pour leur apprendre ces bases, ni pour leur apprendre le programme lui-même d'ailleurs. L'enseignant doit se contenter de dire le programme à toute vitesse et de faire passer des interrogations et des examens aux élèves, qui prouvent d'une certaine façon qu'ils ont bien passé une année assis devant une personne qui parlait du programme. Ce à quoi la matière du programme pourrait bien être utile dans la vie ou même ce que tout cela pouvait vouloir dire... on s'en fout. S'il y a trop de plaintes quant au fait que les jeunes ont le niveau de gamins des rues de pays du Tiers Monde... on ajoutera de la matière au programme.



Un article de la BBC sur la méthode anglaise :

http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/5337422.stm

La méthode américaine :

http://www.fff.org/freedom/0795n.asp

Romaine :

http://www.bbc.co.uk/news/magazine-17701080

Chinoise :

http://www.bbc.co.uk/news/business-17585201

Suisse :
http://www.bbc.com/news/magazine-29765623


Eric Brasseur  -  30 juillet 2008  au  25 juillet 2017
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