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La toxicité du sucre






L'obésité ravage la population américaine. Les dépenses en soins de santé rivalisent à présent avec celles causées par le tabac. D'après certaines projections, le diabète, qui a un lien avec l'obésité, va bientôt engendrer des demandes telles que l'entièreté du budget de santé actuel, toutes maladies confondues, n'y suffira pas.

Les américains se sont rendus compte qu'il y a un problème de fond responsable de cela. Il amène un grand nombre de problèmes graves :
On appelle cela à présent "le syndrome métabolique".

Attention : on peut être obèse ou diabétique pour une autre raison que le syndrome métabolique et la majorité des personnes qui souffrent du syndrome métabolique ne sont pas obèses. Et, certaines personnes classées comme "obèses" sont en réalité en très bonne santé.


On a cru, que ce problème de fond était la consommation excessive de graisses. Mais la diminution de la consommation de graisses n'a rien changé à la situation...

On a également cru que c'était le manque d'activité physique. Il est certain que l'activité physique est saine et nécessaire... mais les efforts en ce sens ont donné peu de résultats. Il ne manque pas d'exemples de populations qui ont peu d'activité physique, sans pour autant développer le syndrome.


On pense maintenant avoir enfin trouvé. Le problème était déjà dénoncé dans les années '50, en particulier par John Yudkin, qui a fait l'objet d'une campagne de désinformation et de ridiculisation dans les règles, orchestrée par l'industrie alimentaire.

Le problème est le sucre, et plus particulièrement une composante du sucre : le fructose.

Le sucre devient un problème quand l'organisme se trouve soudain agressé par une quantité excessive, anormale, de sucre. Pour le dire autrement : le foie et le reste du corps sont parfaitement conçus pour digérer le sucre mais pas trop à la fois. S'il y en a trop, l'organisme se trouve en situation d'intoxication.


Que se passe-t-il exactement ?

Dans les intestins, le sucre est rapidement décomposé en glucose et en fructose.

Le glucose en lui-même n'est pas un problème, parce que toutes les cellules du corps utilisent le glucose comme source d'énergie et surtout elles sont capables de stocker du glucose. S'il y a trop de glucose dans le sang, le pancréas secrète de l'insuline, ce qui donne l'ordre aux cellules du corps de pomper ce glucose hors du sang et de le stocker. Les cellules de graisse sont en particulier spécialisées pour cela. Le foie, quant à lui, transforme facilement le glucose en "glycogène", dont il peut stocker de grandes quantités sans aucun problème. Et tout est bien qui finit bien, parce quand les cellules de graisse ont stocké assez de glucose, elles secrètent de la leptine, qui informe le cerveau du fait qu'il faut arrêter de manger ; "le réservoir est plein". On n'a plus envie de manger... S'il y a malgré tout un excès de glucose, la leptine aura pour effet de rendre la personne plus active. Elle aura envie de travailler ou de faire du sport, pour brûler cet excès.

Le glucose, c'est glucose !

Le fructose par contre... est une molécule dont les cellules ne savent que faire. Un peu de fructose dans le sang ne fait pas de mal, c'est une molécule inerte. Mais il faut tout de même empêcher qu'il n'y ait trop de fructose dans le sang. Le seul organe capable de métaboliser le fructose est le foie. Si le foie est confronté à une quantité anormale de fructose, il va le transformer en une grande quantité de la molécule qu'on appelle "le mauvais cholestérol". Il va envoyer ce "mauvais cholestérol" dans le sang, pour qu'il soit stocké par d'autres organes, dont les muscles, ou à l'intérieur de la cavité abdominale. Cela amène une série de considérations inquiétantes :
Ce dernier point est de la plus grande importance, parce que comme les organes ne répondent plus bien à l'insuline, le pancréas est obligé d'en produire d'avantage et toujours plus, pour obtenir malgré tout que le glucose soit retiré du sang. Oui mais... le cerveau a une particularité : quand il y a des quantités anormalement élevées d'insuline dans le sang, il devient moins sensible à la leptine. Donc il n'entend pas le signal des cellules de graisse, qui lui demandent d'arrêter de manger !

C'est un cercle vicieux... Au fil des mois, plus un individu absorbe de sucre en excès, plus son organisme s'encrasse aux mauvaises graisses, moins il répond à l'insuline et à la leptine, et plus encore il mangera de sucre. Après quelques années, les conséquences deviennent horribles. En particulier, la personne cessera d'être active, parce que son cerveau ne répond plus à la leptine et parce que son organisme tout entier est abattu par un choc toxique. Elle devient un robot autoprogrammé à se procurer toujours plus de sucre, comme un alcoolique s'organise pour se procurer de l'alcool. (Ce n'est pas la seule similitude entre l'alcool et le sucre. Le métabolisme du fructose dans le foie est semblable à celui de l'alcool). Même le glucose devient un problème, si la personne développe un diabète.


De nombreux autres problèmes peuvent contribuer à un dysfonctionnement de ces hormones.

Il semble à présent se dessiner que plusieurs autres problèmes de santé graves pourraient en découler. La maladie d'Alzheimer, serait un "diabète du cerveau", causé ou aggravé par le sucre. On propose aussi que le cancer pourrait être vu comme une sorte de diabète de la tumeur. À la base, l'excès de sucre peut favoriser l'apparition de tumeurs, parce qu'il freine la capacité du système immunitaire à éliminer les tumeurs naissantes. Mais une tumeur n'est souvent pas directement une menace importante pour la personne. Elle devient un problème aigu quand elle devient "maligne", c'est à dire un cancer. Cela passe par une métabolisation accélérée du glucose, qui permet la croissance effrénée du cancer.


Les décideurs dans l'industrie alimentaire américaine ont commencé à comprendre ces questions dans les années '70. Ils ont eu plusieurs réactions :
C'est également dans les années '70 que les moyens industriels ont été développés pour produire du sucre en quantités illimitées et à très bas prix. Par exemple sous forme de sirop de glucose-fructose (également appelé "sucre inverti"), à partir de maïs. On commence par décomposer l'amidon du maïs en glucose, puis on convertit la moitié du glucose en fructose à l'aide d'un enzyme. Absorber du sirop de glucose-fructose ou du sucre ne fait pas vraiment de différence, puisque dans les intestins le sucre est de toute façon rapidement transformé en glucose et fructose. Le miel est également un mélange de glucose et de fructose et plusieurs autres céréales peuvent être transformées en sirop de glucose-fructose, par exemple le riz ou le blé. On peut en acheter en grandes surfaces.

Les industriels jouent sur le fait que le sucre existe sous différentes formes pour tromper le client. Par exemple, il est obligatoire de marquer la liste des ingrédients sur les étiquettes et il est également obligatoire que les ingrédients se trouvent rangés par ordre de quantité. Pour éviter que "sucre" soit en première ou en deuxième place dans la liste, on utilise plusieurs formes de sucre différentes. Ainsi, "sucre", "sirop de fructose-glucose", "miel", "jus de fruit concentré" et "jus de betterave sucrière" se retrouvent derrière "légumes" ou "œufs"... Même du jus de carotte, contient 5% de sucre. Le sucre a plusieurs noms scientifiques : "sucrose" et "saccharose".

Le glucose aussi a d'autres noms. Sur les étiquettes il est souvent mentionné comme "dextrose".


Les fibres alimentaires diminuent la vitesse à laquelle les intestins absorbent les sucres. Elles sont donc essentielles pour diminuer le problème. Accessoirement, les fibres sont accompagnées de vitamines et de minéraux, qui aident le foie à encaisser le sucre. Mais ici encore, les industriels éliminent autant que possible les fibres des aliments, parce qu'elles compliquent les procédés industriels, elles gênent la conservation des aliments...

La source parfaite et canonique de sucre sont les boissons sucrées, gazeuses et caféinées si possible. En en buvant une grande bouteille, on avale le volume d'un verre entier de sucre en poudre. Sans aucune fibre... Un argument des industriels est que la concentration en sucre de leurs boissons est la même que celle des jus de fruits. Hé bien justement, les jus de fruits industriels sont tout autant une abomination. Les fruits sont un complément alimentaire parfois précieux, mais un fruit cela se mange, avec sa pulpe, qui est une grande quantité de fibres. Une fois passés entre les mains des industriels et devenus un liquide limpide, ils sont dangereux.


Imaginons une personne qui souffre d'excès de poids, qui se sent mal dans sa peau... Elle regarde attentivement les documentaires santé diffusés par la chaîne nationale, elle lit les conseils minceur dans les magazines et elle retient les recommandations de son médecin. Elle prend une décision radicale et se tient aux règles suivantes :
Parce qu'elle achète des aliments industriels, elle absorbera tous les jours une quantité de sucre 3 à 10 fois supérieure au maximum que son organisme est capable de supporter ! Même dans les aliments pauvres en graisses, le gras a été remplacé par du sucre, pour que ce soit toujours goûtu. La personne ne sortira donc jamais du syndrome. Il est possible qu'elle se sente malgré tout mieux avec ce régime strict... Le sport est utile pour diminuer le syndrome, parce qu'il augmente la capacité du foie à métaboliser les substances toxiques. Mais cela pourrait bien ne pas durer, par exemple parce que le manque de bonnes graisses et d'huiles la prive de nutriments essentiels. Elle pourrait s'effondrer nerveusement au bout de quelques mois. Elle perdra un peu de poids mais ses artères continueront à se boucher. Elle aura des sensations de faim. Etc.

Supposons qu'en lieu et place la personne applique cette règle unique : plus de sucre. Donc, pas d'aliment dont l'étiquette mentionne qu'on lui a ajouté du sucre sous une forme quelconque et pas d'aliment qui contienne plus de 1% de sucre naturel. (Ceci n'est pas une recommandation nutritionnelle. Ces règles sont à établir au cas par cas et évoluent avec le temps.) Après une semaine elle se sentira déjà beaucoup mieux. Même en se forçant elle ne sera plus capable d'avaler la moitié de la quantité de nourriture qu'elle absorbait avant. Par contre elle n'aura plus besoin de se forcer pour avoir envie de faire du sport. Elle ne se sentira pas privée de sucre, parce que beaucoup d'aliments auront à présent comme un goût sucré. Elle va découvrir l'envie de "manger autre chose". Si elle a mangé trop de gras à un repas, elle aura la pulsion d'en manger moins la fois suivante... Avant, elle pouvait engouffrer la même chose en excès pendant des semaines, parce que le sucre rend tout avalable et dans n'importe quelle quantité.

Un cas particulier : en lisant l'étiquette d'une pizza "Weight Watchers" j'ai été surpris d'apprendre qu'elle contenait 5% de sucres. En réalité ce "sucre" était du sirop de glucose, qui ne présente donc pas de problème. Cette pizza est une heureuse exception. Dans la majorité des cas les plats préparés contiennent des quantités prohibitives de sucre.


L'amidon, qui est contenu dans le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre, le quinoa, le maïs... est décomposé en glucose lors de la digestion. Il ne présente donc en principe pas de problème. Pour bien faire il faut malgré tout veiller à ce que le glucose n'arrive pas trop rapidement dans le sang. De ce point de vue il vaut mieux manger des aliments complets ; dont on n'a pas enlevé les fibres. Pain complet, riz complet...

Mangez des fibres... Et attendez 20 minutes avant de vous resservir à table, le temps que votre cerveau ait pu éventuellement se rendre compte qu'il a assez mangé.


Il s'est passé pour le sucre exactement la même chose que pour le tabac. Et cette fois-ci la première cible sont les enfants.

On parle parfois des enfants qui naissent accros à l'héroïne ou à la cocaïne. Il naît à présent aussi des enfants obèses.

La façon dont on réagit à un excès de nourriture peut être très différente d'un individu à l'autre. Certains font de la graisse et d'autres font du muscle... Certains ont des mécanismes très forts pour empêcher de continuer à manger quand le réservoir est plein, d'autres semblent programmés pour continuer à grignoter. La capacité à éliminer spontanément un excès de calories, la capacité à digérer des quantités plus ou moins importantes de sucre... En dehors de ces différences individuelles, il existe aussi des problèmes de santé qui peuvent entraîner une prise de poids ou du diabète. Le stress est une valeur sûre pour prendre du poids. On peut aussi avoir un problème génétique, avec lequel il faut trouver le moyen de composer. Mais le sucre est ce qui semble causer le plus de problèmes. Et si on a un organisme détraqué par le sucre dès l'enfance, les conséquences seront les plus lourdes, et définitives.


La démission des gouvernements est complète, abandonnant les populations aux ravages de maladies horribles. Il est à craindre que la même chose se déroule pour les pesticides, la pollution radio, l'érosion des sols...

Ce sont ces mêmes personnes, industriels et politiques confondus, qui prônent l'austérité et prétendent réduire la partie de la population "la moins active" à la misère... alors que des choses aussi simples qu'une information et des normes cohérentes sur le sucre permettraient de rendre active et avec joie productive une grande partie de la population. Et de réduire considérablement le coût de la sécurité sociale...

On parle actuellement d'abonner la population aux statines. Tout le monde ou presque serait sensé en prendre, à titre préventif. C'est un médicament qui diminue la quantité de "mauvais cholestérol" dans le sang. Il est cher, rapporte des fortunes à l'industrie pharmaceutique et peut avoir des effets secondaires graves, comme l'insuffisance rénale, la destruction du foie et des muscles, des troubles cognitifs...


Quelques vidéos :

The Secrets of Sugar - the fifth estate - CBC News
https://www.youtube.com/watch?v=xDaYa0AB8TQ
Sugar: The Bitter Truth
 
https://www.youtube.com/watch?v=dBnniua6-oM
Fat Chance: Fructose 2.0

https://www.youtube.com/watch?v=ceFyF9px20Y


Un article :

The sugar conspiracy

http://www.theguardian.com/society/2016/apr/07/the-sugar-conspiracy-robert-lustig-john-yudkin



Eric Brasseur  -  27 novembre  au  11 avril 2016
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