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Le problème des munitions à l'uranium







Les munitions à l'uranium n'ont rien à voir avec la Bombe Atomique. Ce sont des balles et des obus en uranium appauvri.

L'uranium "naturel" est ce qu'on obtient à partir des minerais extraits des mines. Il contient une grande quantité d'uranium 238 et une petite quantité d'uranium 235. Les deux sont utilisés dans l'industrie nucléaire mais le 235 est très précieux parce qu'il entre facilement en fission nucléaire.

L'uranium "enrichi" est de l'uranium "distillé" pour qu'il soit constitué d'une grande quantité de 235. La bombe atomique de Hiroshima contenait 60 kg d'uranium 235 presque pur. La majorité des réacteurs nucléaires ne pourraient pas fonctionner avec de l'uranium naturel, il leur faut de l'uranium  au moins un peu enrichi.

L'uranium "appauvri" est ce qui reste quand on a extrait le 235. C'est donc du 238 presque pur. On le considère un peu comme un déchet, même s'il est tout de même utilisé dans les centrales nucléaires et dans les bombes atomiques.

Cet uranium 238 a de grands avantages pour en faire des obus de canon :
L'armée américaine dit que les obus à l'uranium permettent de détruire un appareil ennemi à une distance 30% plus grande que les obus au carbure de tungstène. Cette différence de distance a une importance énorme en combat.

Les obus de char à l'uranium n'ont pas une forme conventionnelle d'obus. Ce sont plutôt des flèches ; de longs et fins cylindres d'uranium taillés à l'avant en une pointe effilée et munis à l'arrière d'un empennage. Ils sont souvent lancés à la vitesse maximale permise par les canons de chars ou d'avion, plus de 1 km/s. Comme ils sont beaucoup plus fins que le diamètre intérieur des canons, ils sont sertis dans un "sabot" en aluminium, qui a le bon diamètre et qui éclate à la sortie du canon pour libérer la flèche en uranium.

Quand ces flèches percutent l'objectif, plusieurs phénomènes assurent la pénétration :
Il existe à présent des blindages "composites" capables de résister à un obus-flèche à l'uranium. Ils sont utilisés sur les chars de combat des super-puissances. Aucun blindage de chars plus conventionnels ne peut leur résister.

Les jets de matières et de métal en feu, autour des zones de pénétration, sont comparables à l'explosion d'une charge explosive. Il est inutile d'ajouter de l'explosif aux obus à l'uranium.

Le premier hic réside dans cette vaporisation qui a lieu là où le projectile percute sa cible ou tout autre objet, par exemple de la pierre. Il se forme un nuage de cendres d'uranium autour du point d'impact.

Si les projectiles à l'uranium se comportaient comme des projectiles conventionnels, s'ils s'aplatissaient simplement comme le font les balles en plomb, la toxicité de l'uranium ne poserait pas trop de problèmes. Avoir une bloc d'uranium sur son bureau n'est pas un grand danger, tant qu'on ne le lèche pas. Tout le problème vient du fait qu'une partie de l'uranium des projectiles est pulvérisée à l'impact et que cette poussière d'uranium est ensuite absorbée par les voies respiratoires des personnes proches du lieu d'impact. Elles se dépose dans les poumons puis s'infiltre lentement dans l'organisme. Une autre voie d'absorption sont les éclats d'uranium qui se fichent dans les personnes qui entourent ou qui occupent le véhicule. Là aussi l'uranium va lentement diffuser dans l'organisme.

L'uranium est un métal toxique. Il se fixe dans plusieurs organes du corps. Les conséquences en sont des problèmes rénaux (des aiguilles se forment dans les reins), des douleurs osseuses (l'uranium se fixe préférentiellement près des articulations), des pertes de mémoire, des perturbations du système nerveux...

Suivant la dose absorbée, les conséquences peuvent être marginales ou très graves. Pour un soldat qui a respiré le nuage formé à la suite d'un impact, elles sont très graves. Elles sont graves pour des personnes qui inspectent des carcasses de véhicules détruits et respirent ou touchent les poussières sans protection.

L'uranium 238 est plus faiblement radioactif que le 235 mais il est radioactif. Les personnes qui ont respiré de grandes quantités d'uranium 238 présentent après plusieurs mois ou plusieurs années les problèmes typiquement liés à une irradiation : cancers, enfants handicapés... L'uranium aurait la particularité de se fixer dans les brins d'ADN, causant des dégâts très importants lors de la désintégration nucléaire.

Des obus-flèche ont été fabriqué à partir d'uranium "appauvri" qui ne provenait pas d'uranium naturel mais de centrales nucléaires. Il contenaient, en petites quantités, des isotopes extrêmement radioactifs. D'après l'article dont voici l'adresse, les graves problèmes de santé que connaissent les soldats qui ont opéré sur des champs de bataille où ces munitions ont été utilisées, proviendraient de la contamination de l'uranium par du plutonium et non de l'uranium lui-même : www.xs4all.nl/~stgvisie/VISIE/waste-du.html

L'armée américaine entraîne depuis peu ses soldats à prendre des précautions pour éviter d'être contaminés par de l'uranium appauvri. Les obus qui n'ont pas encore été tirés ne présentent pas de danger. Par contre il faut prendre des précautions quand on manipule ou travaille à proximité de résidus d'obus et de lieux ou objets touchés par ces obus : gants, masque à gaz, douche et lavages pour éliminer les poussières...

L'armée américaine explique que toute personne respire et mange naturellement de l'uranium. Toute poussière, eau ou nourriture contient un peu d'uranium. Cet uranium est éliminé comme il est entré, par les urines, la respiration... L'armée veut que l'on comprenne par là que si un soldat a absorbé de l'uranium, cet uranium finira par partir. Je crois que cela induit en erreur. Certes, une personne normale et en bonne santé absorbe tous les jours un peu de métaux toxiques et en rejette autant : mercure, arsenic, cadmium, plomb, uranium... C'est la raison pour laquelle les personnes qui ont un ou deux plombage dentaire mercure-argent, n'ont en général aucun problème d'intoxication au mercure. Elles absorbent un peu de mercure tous les jours à cause de leurs plombages mais elles rejettent ce mercure. Le problème est qu'à partir d'un certain seuil il y a un effet "d'encrassement". C'est un peu comme quand vous jetez des graviers dans un entonnoir. Si vous jetez un petit gravier toutes les secondes, chaque gravier tombera par le fond de l'entonnoir. Même si par hasard un petit gravier reste bloqué quelque part, les chocs le délogeront tôt au tard et il finira par partir. Il peut même y avoir plusieurs petits graviers bloqués en même temps sur les pentes de l'entonnoir, vous pourrez continuer à jeter des petits graviers pendant des semaines sans risquer de boucher l'entonnoir. Mais prenez le sachet de gravier et retournez-le d'un coup au dessus de l'entonnoir... vous bouchez l'entonnoir. C'est ainsi que des personnes qui ont beaucoup de dents plombées au mercure s'effondrent au fil des années. Les cellules de leur corps s'encrassent irrémédiablement de mercure. Une analyse de sang ou de cheveux ne révélera pas des quantités anormales de mercure, parce que les cellules du sang et des cheveux sont renouvelées en permanence. Elles n'ont pas la possibilité de s'encrasser. Ce sont d'autres cellules, comme celles du cerveau, qui s'encrassent. Ce mercure "encroûté" peut être délogé. Voir cette page : Comment éliminer les métaux toxiques.

Dans les cas où de la poussière a été inhalée, qui contient de l'uranium ou d'autres substances chimiquement ou radiologiquement dangereuses (amiante, poussière de béton, mercure, métaux rares...) je suppose qu'un premier soin consisterait à stimuler le flux naturel de nettoyage des poumons. Il existe à cette effet des sirops pour les fumeurs, qui font s'auto-nettoyer les poumons.



Eric Brasseur  -  1 mars 2000  au  6 novembre 2013
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